La guerre de glacier : massif de l'Adamello



Massif de L'AdamelloLes découvertes que l'on peut encore faire aujourd'hui au glacier Mandrone en Italie sont bien éloignées de l'image traditionnelle de la glaciologie. Ce petit glacier de quelques km2 est le principal appareil du massif de l'Adamello. Il se développe entre 3 405 et 2 460 m sur une longueur de 5 km. Sa largeur atteint au maximum de 4,6 km au niveau de l'amorce de la langue qui s'écoule en pente douce vers le nord-est, formant un tracé en marches d'escalier.

 

 

Massif de L'AdamelloPendant la Première Guerre mondiale, Italiens et Autrichiens se sont livrés ici à quelques-uns des combats les plus mémorables de la guerre de montagne. Plusieurs milliers de combattants s'affrontèrent dans des conditions climatiques extrêmement rigoureuses. Transportant sur les crêtes limitant le bassin glaciaire des armes lourdes (canons, mitrailleuses) dont certaines sont encore en place, les troupes au cours de durs accrochages ont perdu des hommes en grand nombre. Nombreuses furent les victimes du froid, les pertes sévères étant encore accentuées par les multiples avalanches qui pendant les hivers 1917-1918 ravagèrent les colonnes, emportè¬rent les bivouacs, détruisirent les camps.

Massif de L'AdamelloMassif de L'Adamello








En aval du glacier, entre le refuge Massif de L'AdamelloMandrone (2429 m) et le sommet de l'Adamello (3 554 m), on peut encore découvrir quelque reliques de cette « guerre blanche » : au niveau de la langue glaciaire, dans les moraines terminales, il n'était pas rare, il y a encore quelques années, (communication personnelle Robert Vivian) de découvrir de vieux cas-ques, des ossements humains, des chaussures, des surbottes en toile avec semelle de bois. Tout est descendu des régions les plus élevées à la vitesse moyenne du glacier (60 à 100 m par an) ; aujourd'hui, le glacier a restitué et disséminé dans les moraines les vestiges et les restes des terribles combats livrés dans le froid et la neige.